Deux mille sept cent quarante mètres. C'est l'altitude du Seethalerhütte, le refuge le plus haut de Haute-Autriche, où vous passerez justement la quatrième nuit de ce tour. Au-dessus de votre tête, le sommet du Hoher Dachstein (2 995 m) ; sous vos fenêtres, un glacier. Ce n'est pas un refuge. C'est un nid d'aigle en béton et en bois, que l'Alpenverein a reconstruit intégralement — l'ancien bâtiment a été démonté entre 2016 et 2018, et le nouveau a ouvert à Noël 2018.
Le tour de cinq jours du Dachstein fait le tour complet du massif. Départ et arrivée à Gosau, avec entre les deux 80 km et 4 500 mètres de dénivelé positif. Traduit en termes de mollets : comme grimper trois fois le Mont Ventoux, sac au dos et sans téléphérique. Cinq jours, cinq refuges, l'une des crêtes calcaires les plus acérées d'Autriche dans le dos.
Cette crête a un nom : le Gosaukamm. Une scie calcaire, hérissée par le Bischofsmütze et le Donnerkogel comme des dents qui ne se referment jamais. L'itinéraire passe sous eux et autour d'eux, alternant rocher sauvage, pentes herbeuses douces et sentiers forestiers. En altitude, le ton change. Le passage du Reißgangscharte, entre le Hofpürglhütte et l'Adamekhütte, est une affaire de haute montagne : marches raides, passages exposés, câbles d'acier. N'y allez pas sans un pied sûr et une tête qui ne tourne pas au-dessus du vide. D'où la difficulté « soutenue », pas « du dimanche ».
Étapes et refuges, où vous posez le sac :
Adamekhütte (2 196 m) — refuge de l'Alpenverein avec vue sur le Dachstein et sur tout le Gosaukamm. Première nuit déjà en altitude, à deux pas du glacier.
Hofpürglhütte — posé juste sous l'imposant Bischofsmütze, un repère que vous garderez en vue sur la moitié du parcours.
Theodor-Körner-Hütte — l'un des plus anciens refuges du secteur, construit en 1922 au pied des parois du Gosaukamm.
Seethalerhütte (2 740 m) — l'étape reine et le point culminant du tour. Panorama, glacier, le toit de la Haute-Autriche.
Gablonzer Hütte — sur le Zwieselalm, sous le Donnerkogel. Détail insolite : le refuge a été construit en 1933-1934 par la section Gablonz de l'Alpenverein, c'est-à-dire des montagnards originaires de Jablonec nad Nisou, en Bohême du Nord (aujourd'hui en République tchèque). Un fragment d'Europe centrale niché au cœur des Alpes autrichiennes. Depuis 1967, le Gosaukammbahn dessert le refuge : le dernier jour, vous pouvez descendre à pied jusqu'à Gosau, ou vous offrir le téléphérique.
Pour qui ? Pour des randonneurs expérimentés. Ceux qui ont déjà des treks de plusieurs jours dans les jambes, savent lire la météo et ne paniquent pas sur un passage équipé de câbles. Le calcaire est splendide, mais glissant sous la pluie, et le brouillard sur le Gosaukamm peut se montrer sévère. Ce n'est pas un premier trek de refuge en refuge.
Quand partir ? Les refuges et les passages en altitude ont du sens à peu près de fin juin à septembre, quand les sentiers sont dégagés de neige et les refuges en activité. Hors saison, le Seethalerhütte reste certes ouvert même en hiver, mais c'est une tout autre discipline, pour d'autres personnes.
Comment réserver ? Via l'Alpenverein. La plupart des refuges du tour appartiennent à l'Alpenverein autrichien, et en haute saison, réserver son lit à l'avance n'est pas une politesse mais une nécessité — les capacités sont réduites (le Seethalerhütte compte vingt et un, vingt-deux places) et un refuge complet ne s'excuse pas dans le Dachstein. Être membre de l'Alpenverein réduit en plus le prix de la nuitée et, en cas de besoin, ouvre les portes.
Cinq jours autour du Dachstein. Le calcaire sous les doigts, un glacier à la fenêtre, et le nom de montagnards tchèques gravé sur l'un des refuges. Et le plus haut, à 2 740 mètres, vous attend la quatrième nuit — si le Gosaukamm vous laisse y parvenir.
Choisissez la date de départ — pour chaque nuit sur l'itinéraire, vous voyez immédiatement les couchages libres et réservez directement via le système officiel de l'Alpenverein.