Huit refuges, sept étapes, une seule boucle — et entre le départ et l'arrivée, vous restez presque tout le temps au-dessus de deux mille mètres, jusqu'à ce que le Stubaital vous relâche vers Neustift.
Le Stubaier Höhenweg n'est pas une traversée pour tout le monde. C'est une traversée de haute montagne des Alpes du Stubai qui, sur 83 km, cumule environ 6 200 m de dénivelé positif. Traduit en termes de jambes : chaque jour, vous montez puis redescendez l'équivalent d'un vrai sommet de plus de trois mille mètres — et le lendemain, ça recommence. Vous ne redescendez pas au village, vous ne dormez pas à l'hôtel. Vous dormez dans les refuges de l'Alpenverein, entre pierre et glaciers.
Le terrain est à l'avenant. Sentiers étroits, éboulis, champs de blocs, quelques tronçons équipés de câbles d'acier et d'échelles. Pas de via ferrata classique, mais un pied sûr et une tête qui ne tourne pas au-dessus du vide ne sont pas des recommandations — ce sont des conditions. En récompense, un panorama qu'on ne trouve pas facilement ailleurs au Tyrol : le Zuckerhütl (3 507 m), point culminant des Alpes du Stubai, le Wilder Freiger (3 418 m) et le Habicht (3 277 m), aigu, qui vous surveille par-dessus l'épaule presque tout le long du chemin.
La boucle part et revient à Neustift, dans le Stubaital, et enfile les refuges comme des perles sur un fil. Jour 1 : montée depuis la vallée jusqu'au Starkenburger Hütte (2 237 m), construit en 1900 par la section de Starkenburg de l'Alpenverein allemand. Jour 2 : traversée jusqu'au Franz-Senn-Hütte (2 147 m) — un refuge nommé d'après le prêtre Franz Senn, l'un des pionniers du tourisme alpin, qui l'a ouvert en 1885 avec douze couchages de foin en guise de lits. Aujourd'hui, c'est l'une des bases les plus connues des Alpes orientales.
Le reste suit un rythme similaire. Le Neue Regensburger Hütte (2 286 m), datant de 1930-1931, avec vue sur le Ruderhofspitze et le Habicht. Le Dresdner Hütte (2 308 m), construit dès 1887 par la section de Dresde, aujourd'hui à portée de vue du glacier du Stubai. La cinquième étape vous mène au Sulzenauhütte (2 191 m), en longeant le Blaue Lacke turquoise — un petit lac glaciaire qui semble sorti d'un feutre. La sixième s'achève au Nürnberger Hütte (2 278 m), datant de 1886 ; en chemin, vous passez près du Grünausee. La septième mène au tout petit et rustique Bremer Hütte (2 413 m), construit en 1897 par la section de Brême. Et pour finir — la huitième étape jusqu'au Innsbrucker Hütte (2 369 m), sous le puissant Habicht — compte parmi les plus exigeantes de toute la boucle : trois montées raides d'affilée avant d'atteindre le refuge, entretenu depuis 1949 par les familles Egger et Hofer.
Pour qui ? Pour des randonneurs aguerris, ayant déjà des treks de plusieurs jours dans les jambes et à l'aise avec huit heures d'éboulis. Pas pour un premier trek de refuge en refuge, pas pour les enfants, pas pour quiconque transpire au-dessus du vide. Pour ceux qui cochent ces cases, c'est l'une des plus belles boucles des Alpes autrichiennes.
Quand partir ? La saison va de juillet à septembre. Jusqu'à mi-juin, la neige persiste souvent sur les cols et dans les couloirs, et les passages équipés sont parfois verglacés — inutile de se presser avant l'ouverture complète des refuges.
Comment réserver ? Les refuges appartiennent à des sections de l'Alpenverein (ÖAV et DAV), donc chacun se réserve séparément — idéalement en demi-pension, pour ne pas avoir à gérer les repas. Être membre de l'Alpenverein réduit le prix de la nuitée et, en cas de besoin, inclut une assurance. Réservez à l'avance, surtout en août ; les places de dernière minute ne sont pas garanties ici.
Sept étapes. Huit refuges. Et toujours ce Zuckerhütl à l'horizon, qui vous rappelle où vous êtes exactement. En altitude.
Choisissez la date de départ — pour chaque nuit sur l'itinéraire, vous voyez immédiatement les couchages libres et réservez directement via le système officiel de l'Alpenverein.