Dix jours à marcher autour d'une seule montagne. Et cette montagne ne vous quitte jamais des yeux.
Le Tour du Mont Blanc est une boucle autour du plus haut sommet d'Europe occidentale — 170 km, trois pays, plus de 10 000 mètres de dénivelé positif. Ce n'est pas un trek, c'est une meule. Chaque matin, vous grimpez à un col ; chaque après-midi, vous plongez dans une nouvelle vallée. Et le lendemain, ça recommence. Dix mille mètres de dénivelé en dix jours, c'est comme grimper six fois le Mont Ventoux, sac au dos, sans téléphérique, avec le Mont-Blanc en guise de table d'orientation.
Pourquoi ce tour précisément ? Parce que c'est l'ancêtre de tous les treks alpins. Le premier tour complet du massif a été effectué en 1767 par un naturaliste, qui a ensuite offert une récompense pour la première ascension du Mont-Blanc — déclenchant toute la folie alpiniste qui a suivi. Depuis, tout le monde fait le tour du toit des Alpes : des dames victoriennes à dos de mulet aux ultra-traileurs de l'UTMB, qui bouclent tout le tour en une seule nuit, avec une limite de 46 heures et 30 minutes. Vous, vous avez dix jours. Vous en profiterez mieux.
Le terrain ? Le tour classique se fait dans le sens antihoraire, départ et arrivée aux Houches, au-dessus de Chamonix. Pas de rocher ni de via ferrata — ce sont de larges sentiers alpins, des cols et des balcons au-dessus des glaciers. Mais ces cols se méritent. Le col de la Croix du Bonhomme, puis le col de la Seigne (2 516 m), par lequel vous passez de France en Italie, et le point culminant du tracé classique, le Grand Col Ferret (2 537 m), à la frontière italo-suisse. Pour qui en veut plus, les variantes par la Fenêtre d'Arpette ou le Col des Fours grimpent toutes deux à 2 665 mètres.
Et les points de vue ne sont pas de la figuration. Après le Grand Col Ferret, les légendes du massif vous sautent aux yeux : le Mont Dolent, l'Aiguille de Triolet, et surtout la face nord des Grandes Jorasses (4 208 m) — l'une des parois les plus redoutées des Alpes. Vous longez les glaciers de Miage, de la Lée Blanche et du Trient. Et l'avant-dernier jour vous attend le Lac Blanc — un lac où, par temps calme, se reflète tout le massif du Mont-Blanc. La photo que vous connaissez par cœur, même sans jamais y avoir mis les pieds.
Étapes et refuges. Des Les Houches au vallon de Miage (Refuge de Miage). Par le col du Bonhomme jusqu'au Refuge de la Croix du Bonhomme. Vers l'Italie, au Rifugio Elisabetta dans le Val Veny, sous le glacier de la Lée Blanche. Par le balcon du Mont de la Saxe jusqu'au Rifugio Bertone, suspendu juste en face des Grandes Jorasses. Par le Grand Col Ferret jusqu'au Rifugio Elena, puis descente en Suisse. À travers les alpages verdoyants du Val Ferret jusqu'au Chalet La Peule. Par la vallée du Trient jusqu'au refuge local. Par le col de Balme, retour à la frontière française jusqu'au Refuge du Col de Balme. Autour du Lac Blanc jusqu'au Refuge du Lac Blanc. Et le dixième jour, vous bouclez la boucle aux Houches, Chamonix sous vos pieds.
Pour qui ? Pour un randonneur en bonne forme, capable de parcourir 15 à 20 km par jour avec 700 à 1 000 mètres de dénivelé. Techniquement facile, mais physiquement copieux. Pas besoin de savoir grimper. Il faut savoir marcher, jour après jour.
Quand partir ? De fin juin à mi-septembre, quand les cols sont dégagés de neige et les refuges ouverts. En dehors de cette période, tout est fermé et l'hiver règne en altitude.
Comment réserver ? Attention ici, sans détour. Les refuges du TMB ne dépendent pas d'un seul club alpin. La plupart sont privés ou nationaux, et se réservent individuellement : par e-mail et formulaire de demande (Elisabetta, Lac Blanc), ou via leur propre système en ligne. Les refuges les plus prisés ouvrent les réservations de la saison suivante dès fin septembre ou en octobre — et les places les plus demandées partent en quelques jours, parfois quelques heures. Réservez plusieurs mois à l'avance. Qui s'y prend en mai en pensant partir en juillet dormira dehors.
Dix jours à marcher autour d'une seule montagne. Et quand vous refermez la boucle aux Houches, vous réalisez que c'est désormais elle qui vous accompagne.
Choisissez la date de départ — pour chaque nuit sur l'itinéraire, vous voyez immédiatement les couchages libres et réservez directement via le système officiel de l'Alpenverein.