Trois jours. Trois refuges. Et pendant des jours, presque personne — seulement des marmottes, des vaches et, parfois, un bouquetin sur la crête.
La traversée du Tyrol du Sud par les Pfunderer Berge n'est pas un itinéraire sur lequel on tombe par hasard. Elle va du Pfitschtal jusqu'à la vallée de Lüsen : 45 km de crête, 3 200 m de montée puis de descente, et pendant tout ce temps, elle vous maintient en altitude — dans un coin reculé, hors de portée des foules. Les Pfunderer Berge sont un sous-massif des Alpes de Zillertal, et c'est justement leur isolement qui fait tout l'intérêt. Pendant des jours, vous traversez un paysage où vous croisez plus facilement un troupeau qu'un autre marcheur.
Le départ a du niveau. Le premier jour, vous grimpez du Pfitschtal jusqu'au Hochfeilerhütte, à 2 715 m — et au-dessus de votre tête plane le Hochfeiler, 3 510 m, le plus haut sommet de toutes les Alpes de Zillertal. Son sommet a été atteint pour la première fois le 24 juillet 1865 par l'alpiniste autrichien Paul Grohmann, accompagné de deux guides de montagne. Vous l'avez, dès le premier soir, juste au-dessus de votre assiette. Le refuge actuel a été ouvert par l'Alpenverein sud-tyrolien (AVS) en 1986.
C'est un terrain où l'on lit la météo sur la crête, et où le téléphone vous laisse tranquille. Au-dessus du Hochfeilerhütte scintillent des restes de glaciers, en bas les vallées basculent dans l'ombre verte. Entre les refuges, c'est vraiment isolé — vous refaites le plein d'eau et de nourriture au refuge, entre les deux vous n'avez que vous-même et le balisage. C'est exactement pour ça que les gens viennent ici. Pour une fois, ne pas avoir de café où choisir.
Le deuxième jour est une corvée de crête. Par des cols et du terrain rocheux, vous vous faufilez jusqu'au Tiefrastenhütte, à 2 312 m — il se dresse au bord du lac de montagne Tiefrastsee, dans un cirque encerclé de sommets déchiquetés comme le Hochgrubbachspitze (2 809 m). De l'eau, de la roche, du silence. Le refuge dans sa forme actuelle a été construit par la section de Brixen de l'AVS en 1974, à l'emplacement de l'ancien Fritz-Walde-Hütte de 1912.
Le troisième jour, vous terminez la crête jusqu'au Brixner Hütte, à 2 282 m — un refuge en bois de rondins, en bordure du haut plateau de Fane Alm, achevé en 1973. C'est de là que vous ouvrez vraiment les yeux pour la première fois sur les Dolomites à l'horizon, avant d'entamer la descente vers la verte vallée de Lüsen. En chemin, vous passez aussi près du Wilde Kreuzspitze, 3 132 m, le point culminant de tous les Pfunderer Berge.
Ce que ça donne dans les jambes ? Exigeant. Le terrain demande un pied sûr, une tête sans vertige et une bonne condition physique — il y a des passages exposés, des champs de blocs et des cols où l'on avance prudemment. Ce n'est pas un itinéraire pour un premier trek de plusieurs jours. C'est un hut-to-hut pour qui a déjà quelques refuges dans les jambes et veut une crête où l'on peut respirer.
Quand partir ? De début juillet à septembre. Avant, la neige tient encore sur les cols ; plus tard, le froid s'installe et les refuges ferment.
Comment réserver ? Les trois refuges dépendent de l'Alpenverein Südtirol. Réservez votre lit à l'avance, directement auprès du refuge ; être membre de l'Alpenverein réduit en plus le prix de la nuitée. Ne partez pas sur la crête sans réservation — les capacités sont réduites, le Brixner Hütte ne compte qu'une poignée de places.
Et si trois jours ne vous suffisent pas ? Cette traversée est en réalité le cœur du plus long Pfunderer Höhenweg, la crête classique du Tyrol du Sud, qui relie des refuges sur environ 70 km, de Sterzing jusqu'à la vallée de Pustertal. On peut l'allonger. Mais même dans cette version courte, vous obtenez ce pour quoi on vient ici. De l'altitude, du silence, et une crête qui vous met à l'épreuve.
Trois jours. Trois refuges. Et toujours personne — à part les marmottes.
Choisissez la date de départ — pour chaque nuit sur l'itinéraire, vous voyez immédiatement les couchages libres et réservez directement via le système officiel de l'Alpenverein.