Au milieu de l'Unteraargletscher se dressait autrefois un hôtel. Trois mètres cinquante sur un mètre quatre-vingt, un toit en toile cirée, sous un bloc erratique géant, sur la moraine frontale. Son nom : Hôtel des Neuchâtelois. En 1840. Louis Agassiz y logeait avec son équipe, et c'est de cette cabane de glace qu'est née la théorie de l'ère glaciaire — avant que le bloc ne se fende durant l'hiver 1842 et que l'hôtel n'appartienne au passé.
C'est sur ce glacier que passe le premier jour de votre itinéraire.
Le Finsteraarhorn Wochenend-Rundtour n'est pas un trek. C'est une Hochtour glaciaire : 32 km, 2 200 mètres de dénivelé positif, deux à trois jours, difficulté expert. Crampons, piolet, corde, connaissance des crevasses — sans cela, pas un pas. Qui cherche un sentier balisé et une bière au chaud le soir devrait continuer sa lecture ailleurs. Qui veut se tenir sous le plus haut sommet des Alpes bernoises est au bon endroit.
Départ et arrivée au Grimsel Hospiz (1 980 m), l'ancien hospice du col au-dessus du barrage. De là, direction la glace, et en avant vers le royaume des glaciers.
Premier jour : traversée de l'Unteraargletscher, sec et couvert de moraine, jusqu'à l'Aarbiwak (2 731 m). Six à huit heures, difficulté T5, des crevasses en embuscade. L'Aarbiwak est un modeste bivouac de la section CAS Pilatus — il accueille dix-sept personnes, la cuisine se résume à quelques marmites, réchaud et gaz à apporter soi-même. Il se dresse seul au milieu d'un cirque glaciaire, sous la face est du Finsteraarhorn. Le prédécesseur de cette cabane a été emporté par une tempête durant l'hiver 1974/75. Ici, la montagne ne fait pas de prisonniers.
Deuxième jour : par le Finsteraargletscher jusqu'au Finsteraarhornhütte (3 048 m). Un refuge de la section CAS Oberhasli, reconstruit en 2003, avec 106 places pour dormir et manger. C'est la base de départ pour l'ascension du Finsteraarhorn (4 274 m) — le plus haut sommet des Alpes bernoises et en même temps le point culminant le plus proéminent de toute la Suisse. Le sommet principal a été foulé pour la première fois le 10 août 1829. Vous, peut-être, vous vous contenterez d'y passer la nuit en regardant vers le haut. Cela suffit.
Troisième jour : traversée par le Strahleggfirn jusqu'au Oberaarjochhütte (3 258 m), puis descente vers le Grimsel. Le Oberaarjochhütte est collé au rocher au-dessus du col d'Oberaarjoch, construit dès 1904 ; il compte parmi les refuges les plus hauts de toutes les Alpes, et on dit de lui qu'il a la plus belle vue de toutes les cabanes du CAS. Trente-cinq places, et au matin, une mer de sommets glaciaires jusqu'à l'horizon.
Ce trio de glaciers — Unteraar, Finsteraar, Strahleggfirn — fait de cette traversée l'une des plus longues chaînes de refuges des Alpes bernoises.
Pour qui ? Pour des glaciaristes expérimentés, sachant évoluer en cordée et lire les crevasses. Idéalement avec un guide de montagne si vous n'êtes pas sûr à 100 %. Pas pour les débutants, pas pour les enfants.
Quand partir ? Le cœur de l'été, à peu près de juillet à septembre, quand les refuges sont gardés et le névé tient. Hors saison, l'Aarbiwak comme le Oberaarjochhütte ne fonctionnent plus que comme abris de secours.
Comment réserver ? Les refuges gardés (Finsteraarhornhütte, et en saison le Oberaarjochhütte) via le système de réservation du CAS / de l'Alpenverein en ligne. L'Aarbiwak est un bivouac en autogestion — sans réservation, payez dans la tirelire, et nettoyez derrière vous.
Et une dernière pensée pour la route : là où des scientifiques foraient jadis la glace pour comprendre comment se déplacent les glaciers, c'est vous, aujourd'hui, qui vous déplacez. Le bloc s'est fendu. Les glaciers reculent. La montagne demeure.
Choisissez la date de départ — pour chaque nuit sur l'itinéraire, vous voyez immédiatement les couchages libres et réservez directement via le système officiel de l'Alpenverein.