Le refuge le plus haut de la boucle est perché à 3 258 m, comme un nid d'hirondelle au-dessus du vide. Vous y montez par des échelles et une vire rocheuse. Et ce n'est que le troisième jour.
Le Berner Oberland 5-Tage Rundtour n'est pas un höhenweg. Ce n'est pas un sentier balisé qu'on parcourt en bretelles, saucisse à la main. C'est une Hochtour — une boucle de haute montagne sur les glaciers des Alpes bernoises, où vous n'avez rien à faire sans crampons, piolet et corde. Cinquante-cinq kilomètres, 3 800 m de dénivelé positif, cinq jours. Et la majeure partie sur la glace.
Départ et arrivée : Grimsel Hospiz, au-dessus des lacs de barrage turquoise du Grimsel. De là, la boucle mord dans le cœur du massif de l'Aar — un paysage protégé depuis 2001 par l'UNESCO au titre du patrimoine mondial Jungfrau-Aletsch. Ici, pas de pâturages avec des vaches. Ici, c'est de la glace, des moraines et du rocher.
Le premier jour, vous grimpez depuis le Grimsel, à travers moraines et glacier, jusqu'au bivouac Aarbiwak (2 731 m) — une boîte non gardée sur le rocher, où vous êtes seul avec vous-même et le silence. Le deuxième jour, vous traversez le Finsteraargletscher jusqu'au Finsteraarhornhütte (3 048 m). Un refuge en acier et en bois, reconstruit en 2003, posé à quelques mètres au-dessus du Fieschergletscher — le deuxième plus long glacier des Alpes. Et surtout, juste sous le Finsteraarhorn : avec ses 4 274 m, le plus haut sommet des Alpes bernoises et le point culminant le plus proéminent de toute la Suisse.
Le troisième jour, c'est la traversée vers le Oberaarjochhütte (3 258 m). C'est le fameux nid d'hirondelle — le refuge le plus haut de la boucle, qui garde encore aujourd'hui son caractère alpin d'antan, et auquel on accède par des échelles et une vire rocheuse. La vue sur l'Oberaargletscher, vous l'avez depuis votre assiette.
Le quatrième jour, descente sur la glace jusqu'au Lauteraarhütte (2 393 m). Il se dresse sur un îlot rocheux au-dessus de l'Unteraargletscher — le quatrième plus grand glacier des Alpes suisses, d'où naît la rivière Aar. Autrefois, le refuge se trouvait juste au bord du front glaciaire. Aujourd'hui, il trône au-dessus d'une paroi rocheuse de deux cents mètres. Le glacier a reculé. Vous avez sous les yeux un manuel de climatologie grandeur nature.
Le cinquième jour, vous rejoignez le Gelmerhütte (2 412 m) au-dessus du lac turquoise Gelmersee, puis retournez au Grimsel. Et si vous choisissez de descendre depuis le lac de Gelmer, un bonus vous attend : le Gelmerbahn, avec sa pente de 106 %, le funiculaire à ciel ouvert le plus raide d'Europe. Construit en 1926 comme voie de chantier pour le barrage. Douze minutes de trajet à reculons, qui vous feront monter le pouls plus que bien des glaciers.
Cinq refuges, cinq nuits, cinq sections différentes du CAS. Aarbiwak, Finsteraarhornhütte, Oberaarjochhütte, Lauteraarhütte, Gelmerhütte. Tous sont gérés par le Club Alpin Suisse (CAS) et se réservent à l'avance — chacun séparément, en ligne sur sac-cas.ch. Ils sont gardés à peu près de fin juin à mi-septembre ; hors saison, seul le local d'hiver reste ouvert.
Pour qui ? Pour des randonneurs de haute montagne expérimentés, qui savent marcher en crampons sur un glacier, s'encorder et lire les crevasses. La difficulté est « expert », et ce n'est pas un mot en l'air — les ponts de neige effondrés sur les crevasses et le névé en fin d'été ne sont pas une plaisanterie. Qui n'a pas déjà des Hochtouren plus simples derrière lui devrait partir avec un guide de montagne. Ou commencer par un höhenweg sans glacier.
Quand partir ? Le cœur de la saison est en juillet-août, quand les refuges sont pleinement gardés et les glaciers dans leur meilleur état de praticabilité. La météo à cette altitude peut basculer en une heure — le sac à dos doit tenir compte du fait que le col d'Oberaarjoch peut vous accueillir avec de la neige, même en août.
Vous n'êtes pas obligé de gravir le Finsteraarhorn. L'itinéraire passe sous lui, pas au sommet — l'ascension est une Hochtour distincte, pour ceux qui ajoutent une journée. Mais même sans le sommet, cette boucle vous emmène là où un randonneur ordinaire ne va pas : en plein cœur de la glace, sous le plus haut sommet des Alpes bernoises.
Cinq jours. Cinq refuges de glacier. Et un nid d'hirondelle à trois mille mètres. Êtes-vous prêt ?
Choisissez la date de départ — pour chaque nuit sur l'itinéraire, vous voyez immédiatement les couchages libres et réservez directement via le système officiel de l'Alpenverein.