Au-dessus de la chapelle St. Bartholomä se dresse un mur. Pas une paroi — un mur. La Watzmann-Ostwand, dix-huit cents mètres à la verticale, la plus haute face des Alpes orientales. Vous êtes au bord de l'eau émeraude du Königssee, accessible uniquement en bateau, vous levez la tête — et vous ne voyez pas le sommet. Bienvenue à Berchtesgaden.
Le Berchtesgadener Hüttentour est un tour de plusieurs jours autour du massif du Watzmann (2 713 m), la troisième plus haute montagne d'Allemagne. Quatre jours. Quarante-cinq kilomètres. Plus de trois mille mètres de dénivelé positif. Départ à Schönau am Königssee, retour au même endroit — mais entre les deux, vous contournez la montagne et traversez quatre mondes complètement différents. Une vallée lacustre. Une mer blanche d'éboulis. Un plateau calcaire. Et pour finir, un bateau.
Ce n'est pas une traversée de crête pour la vue. C'est un tour qui vous mène autour de la montagne et à travers ses entrailles. Chaque jour, un terrain différent, une ambiance différente, un refuge différent.
Le premier jour monte du Königssee, à travers des alpages, jusqu'au Watzmannhaus (1 930 m). Le refuge se dresse sur le Falzköpfl, sous le sommet du Hocheck, depuis 1888 — la section de Munich l'avait alors construit pour vingt-cinq personnes. Aujourd'hui, il compte plus de deux cents couchages et fait partie des refuges les plus grands et les plus fréquentés de tout l'Alpenverein (DAV). Camp de base pour le Watzmann, une oasis avec soupe chaude au-dessus du vide.
Le deuxième jour redescend. Descente vers le Wimbachgries — une immense vallée comblée d'éboulis blancs, encadrée des deux côtés par les plus hautes montagnes de Berchtesgaden : le Watzmann à l'est et le Hochkalter (2 607 m) à l'ouest. Coulées de pierres, cônes d'éboulis, par endroits pas un brin d'herbe. Le Wimbachgrieshütte (1 327 m) est le point le plus bas de tout le tour — et aussi le décor le plus brut.
Le troisième jour est le roi. Traversée du Steinerne Meer — la « mer de pierre », un plateau karstique de haute montagne qui semble sorti d'une autre planète — par le col Trischübel-Pass, avec descente jusqu'au Kärlingerhaus (1 631 m). Le refuge est posé au bord du Funtensee, et le Funtensee détient un record qu'on ne trouve nulle part ailleurs : le 24 décembre 2001, on y a mesuré −45,9 °C. La température la plus basse jamais enregistrée en Allemagne. L'air froid n'a nulle part où s'échapper dans cette cuvette, ce qui crée une inversion de la limite forestière : quelques dizaines de mètres au-dessus du lac, les arbres repoussent, mais pas en bas. Vous dormez à deux pas de l'endroit le plus glacial du pays.
Le quatrième jour vous ramène chez vous. Descente par les lacets du Saugasse, le long de la cascade Schrainbachfall, jusqu'à St. Bartholomä. Et là vient la récompense : une petite église de pèlerinage aux coupoles en bulbe rouge lie-de-vin, fondée dès 1134, juste au pied de cette immense Watzmann-Ostwand. De là, le bateau traverse le Königssee jusqu'à Schönau. Sur le lac ne naviguent, depuis 1909, que des bateaux électriques — l'une des premières mesures écologiques pour le tourisme au monde. En chemin, le capitaine sonne de la trompette face à l'Echowand, et l'écho revient sept fois. Le lac le plus pur d'Allemagne vous joue ainsi sa musique d'adieu.
Pour qui ? Pour des randonneurs en forme, avec un cœur et des genoux solides. La difficulté est moyenne — pas de via ferrata, pas de passages équipés — mais de longues descentes, des champs d'éboulis meubles et la traversée exigeante du Steinerne Meer vous attendent. Un débutant en montagne n'y a pas sa place ; un randonneur aguerri de plusieurs jours l'adorera.
Quand partir ? L'été et le début de l'automne, quand les refuges sont ouverts et les cols hauts dégagés de neige — grosso modo de juin à septembre. Hors saison, seule la salle d'hiver reste généralement accessible.
Comment réserver ? Le Watzmannhaus, le Wimbachgrieshütte et le Kärlingerhaus sont des refuges de l'Alpenverein — réservez vos couchages à l'avance en ligne via le système de réservation du DAV. En haute saison, ce n'est pas une recommandation, c'est une nécessité : les places disparaissent des semaines à l'avance, surtout au Watzmannhaus.
Quatre refuges, quatre mondes, une montagne au milieu. Vous entrez depuis le lac, vous ressortez par le lac — et entre les deux, le Watzmann vous fait traverser l'éboulis, le karst et le gel. Qui a dit qu'un tour en boucle n'était qu'un retour au point de départ ?
Choisissez la date de départ — pour chaque nuit sur l'itinéraire, vous voyez immédiatement les couchages libres et réservez directement via le système officiel de l'Alpenverein.