Cinq crêtes montagneuses. Six vallées. Trois pays. Et un seul sentier qui les enfile tous, de l'Allgäu jusqu'au Tyrol du Sud.
C'est le E5 — plus précisément son tronçon le plus célèbre, d'Oberstdorf à Meran. Le chemin européen de grande randonnée E5 mesure plus de trois mille kilomètres, mais ce sont justement ces 140 km à travers la crête principale des Alpes qui en ont fait une référence. Quand quelqu'un en Allemagne dit « je vais traverser les Alpes à pied », c'est presque toujours de ça qu'il parle. Six jours, dix mille mètres de dénivelé positif — cela revient à grimper six fois le Mont Ventoux depuis Bédoin, sac au dos, sans téléphérique, et avec une frontière que vous franchissez deux fois en chemin.
Le caractère ? De haute montagne, pas de promenade. Des traversées panoramiques, des gorges, des crêtes étroites, des cols au-delà de trois mille mètres. La difficulté « hard » n'est pas du marketing — il faut un pied sûr, une bonne condition physique et, dans sa partie supérieure, un estomac calme quand le sentier plonge vers un glacier.
Départ dans la Bavaroise Oberstdorf. Dès le premier jour, vous grimpez neuf cents mètres jusqu'au Kemptner Hütte (1 844 m) et passez en Autriche par le col Mädelejoch — un col, un autre pays. Le deuxième jour mène au Memminger Hütte (2 242 m), le plus ancien refuge de tout le E5, niché de façon romantique entre les pics. En chemin, on peut faire un détour par le pont suspendu de Holzgau, dans le Lechtal, deux cents mètres d'acier tendus au-dessus d'un ravin — soit vous adorez, soit vous préférez regarder le bout de vos chaussures.
Le troisième jour, vous descendez par le Seescharte et la crête du Venet jusqu'à Zams, dans l'Inntal — plus de deux mille mètres de descente en une seule journée, vos mollets s'en souviendront. Le quatrième jour, c'est l'inverse : de Mittelberg, montée jusqu'au Braunschweiger Hütte (2 758 m), accroché à la roche au-dessus du glacier Mittelbergferner. Au-dessus se dresse le Wildspitze (3 768 m), deuxième plus haut sommet d'Autriche. C'est ici que commence la vraie poésie de la haute montagne.
Le cinquième jour est le point d'orgue de tout l'itinéraire. Passage du Pitztaler Jöchl, à environ 2 995 m — le point culminant du parcours. De la glace en haut, l'Ötztal en bas, et en vous retournant, vous voyez d'où vous venez. Vous descendez par Vent jusqu'au Martin-Busch-Hütte (2 501 m), un vieux refuge autrefois appelé Samoar-Hütte. De là, c'est une journée de marche jusqu'au Tisenjoch (3 210 m) — l'endroit où, en 1991, la glace a rendu Ötzi, l'homme de l'âge du cuivre. Côté sud, des sentiers de contrebandiers menaient autrefois vers l'Italie par le Timmelsjoch. Vous finissez à Meran, entre palmiers et vignobles du Tyrol du Sud. Du glacier aux subtropiques en un seul trek.
Pour qui est-ce fait ? Pour des trekkeurs aguerris et habitués aux étapes de plusieurs jours, qui veulent le classique de refuge en refuge et n'ont peur ni de l'altitude ni des longues descentes. Pas pour de premières vacances en montagne. Qui tient huit heures avec le sac au dos et garde son calme au-dessus d'un champ de glace touche ici au meilleur des Alpes.
Quand y aller ? De mi-juillet à fin septembre. Plus tôt, de la neige ancienne recouvre encore les cols, les refuges dorment encore. Le Kemptner, le Memminger, le Braunschweiger et le Martin-Busch sont ouverts à peu près de mi-juin à fin septembre — toujours selon la météo et l'enneigement.
La réservation est, pour cet itinéraire, une obligation, pas un détail. Les refuges de montagne relèvent de l'Alpenverein (DAV et ÖAV) et affichent complet des semaines à l'avance en haute saison. Réservez votre couchette directement auprès du refuge ; l'adhésion à l'Alpenverein réduit le prix de la nuitée et vous ouvre les portes en cas d'urgence. Sur le E5, ne comptez pas sur la chance sans réservation.
Cinq crêtes, trois pays, une seule paire de jambes. La question n'est pas de savoir si vous y arriverez — mais ce qui vous restera en tête : le glacier sous le Wildspitze, le pont au-dessus de Holzgau, ou l'endroit où, après cinq mille ans, la glace a fondu et a rendu Ötzi ?
Choisissez la date de départ — pour chaque nuit sur l'itinéraire, vous voyez immédiatement les couchages libres et réservez directement via le système officiel de l'Alpenverein.